"> Pixies - Surfer Rosa - Indiepoprock

Surfer Rosa


Un album de sorti en chez .

9

Pour leur premier véritable album, les Pixies choisissent de prolonger l’approche directe développée lors de leur acte de naissance (« Come On Pilgrim »). Profitant cependant d’une certaine cote d’amour, ils s’offrent les services du producteur de référence pour le son sec qu’ils recherchent : l’inégalable Steve Albini. C’est vrai, « Surfer Rosa » est assez aride ; en […]

Pour leur premier véritable album, les Pixies choisissent de prolonger l’approche directe développée lors de leur acte de naissance (« Come On Pilgrim »). Profitant cependant d’une certaine cote d’amour, ils s’offrent les services du producteur de référence pour le son sec qu’ils recherchent : l’inégalable Steve Albini. C’est vrai, « Surfer Rosa » est assez aride ; en cela, il sera bien moins prompt à séduire que ses successeurs « Doolittle » et « Bossanova ». En 1988, les Pixies sont encore un groupe de punk hardcore – portés par un génie mélodique à nul autre pareil.

La production de Steve Albini est un étalon absolu du genre. La batterie est placée très en avant, les voix en retrait, et les guitares sont émaciées, tranchantes, aussi infectieuses qu’une lame de rasoir rouillée. Les plus fascinants résultats sont obtenus sur Cactus, blues désertique ou une guitare déshydratée se voit concassée par une batterie aux claquements sans pitié, Something Against You, agression en règle, d’une brutalité effrayante, ou Vamos, dans une version sauvage et primale. Albini, toujours prompt à dégoiser sur ses productions, dressera par la suite des Pixies le portrait peu flatteur d’une bande d’indécis, guidés par leur entourage et tout entiers tournés vers la recherche du succès. L’avis semble bien sévère. Tout d’abord parce qu’il serait difficile de voir en « Surfer Rosa » un disque calibré pour radios, avec ses compositions étranges et un son très agressif. Et quand bien même, cela ne remet certainement pas en cause la qualité incroyable de l’ensemble.

Il faut insister sur le choc incroyable de l’enchaînement (presque sans pause) des deux premiers morceaux : Bone Machine et Break My Body. Les Pixies ont toujours eu le don de percuter d’entrée, mais cette entame est leur plus réussie. Et à part les premières notes de Smells Like Teen Spirit, l’ouverture de London Calling de Clash et peut-être Teenage Riot de Sonic Youth, on peine à trouver des ouvertures plus marquantes.

Where Is My Mind ? symbolise à coup sûr l’album, mais ne le résume en aucun cas : ce serait faire bien peu de cas de Gigantic, par exemple, sublime single composé et chanté par Kim Deal. Bref, mais d’une insondable richesse, « Surfer Rosa » se clôt sur l’immarcescible Brick Is Red, deux minutes à peine de beauté absolue, où une guitare incandescente dresse le lit mélodique d’une complainte sur laquelle Black Francis et Kim Deal mêlent leurs voix. Sur le long terme, il n’est pas interdit de penser que les Pixies atteignent là le pinacle de leur talent. Aussi, parce qu’il n’est pas toujours retenu comme classique absolu de la discographie de ses auteurs, on l’affirmera ici : s’il fallait ne choisir qu’un disque des Pixies avant d’aller s’échouer sur une île déserte après un crash d’avion, ce serait « Surfer Rosa ».

Chroniqueur
  • Publication 711 vues31 mai 2009
  • Tags Pixies4AD
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Tracklist

  1. Bone Machine - Remastered
  2. Break My Body - Remastered
  3. Something Against You - Remastered
  4. Broken Face - Remastered
  5. Gigantic - Remastered
  6. River Euphrates - Remastered
  7. Where Is My Mind? - Remastered
  8. Cactus - Remastered
  9. Tony's Theme - Remastered
  10. Oh My Golly! - Remastered
  11. Vamos - Remastered
  12. I'm Amazed - Remastered
  13. Brick Is Red - Remastered

La disco de Pixies

Beneath The Eyrie8
80%
Head Carrier9
90%

Head Carrier

EP-2
0%

EP-2

EP3
0%

EP3

Indie Cindy5
50%

Indie Cindy

EP-15
50%

EP-1

Trompe Le Monde9
90%

Trompe Le Monde

Bossanova9
90%

Bossanova

Doolittle9
90%

Doolittle

Surfer Rosa9
90%

Surfer Rosa

Come On Pilgrim7
70%

Come On Pilgrim