"> Tricky - Ununiform - Indiepoprock

Ununiform


Un album de sorti en chez .

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Lors d’une rencontre à Paris, le Bristolien de légende nous parle de son amour pour le chiffre 13, de Berlin et de la chanteuse Polly Harvey...

Par Mélissa Chemam

Un jour qu’il allait prendre l’avion depuis Los Angeles, où il vivait au milieu des années 2000, Tricky a fait un rêve qui mêlait le chiffre 13 et la chanteuse Polly Jean Harvey… Une fois à l’aéroport, la compagnie aérienne lui attribue le siège 13A et il voit ensuite arriver une frêle jeune femme qui prend place à ses côtés : je vous laisse imaginer de qui il s’agissait !

Polly et Tricky ont enregistré ensemble un de ses plus beaux singles, Broken Homes, paru en 1998 sur l’album « Angels With Dirty Faces ». « Et je retravaillerai avec elle dès que possible », insiste-t-il, très enthousiaste. « C’est une des plus grandes artistes que j’ai rencontrées. Elle a complètement transformé la musique. Tout le monde devrait posséder au moins son premier album. Elle est aussi douée que Kate Bush ou Jimi Hendrix ». Un duo improbable pour l’époque, réunissant deux genres, deux musiciens, totalement différents.

Tricky a toujours eu un côté visionnaire, comme de nombreux musiciens, mais aussi comme de nombreux sorciers du trip-hop, de Björk à James Lavelle. Il revient cet automne avec un treizième album, intitulé « Ununiform », comprenant justement treize titres.

« J’ai toujours eu un lien fort avec le chiffre 13 », me raconte-t-il lors de notre entretien à Paris, dans un hôtel à l’allure cinématographique, qui ne manque pas de faire penser aux couloirs du clip de Karmacoma, titre enregistré avec Massive Attack en 1994 qui l’a rendu célèbre dans le monde entier. La pluie a cessé cet après-midi et un rayon de soleil humide fait scintiller sa veste de cuir recouverte d’une peau de bête… Tricky est de bonne humeur. « Mon oncle habitait au numéro 13 de notre rue à Knowle West, à Bristol, et sa maison a été le lieu familial le plus joyeux de mon enfance », ajoute-t-il. L’enfance tragique du prodige de Bristol a été longuement documentée par les journalistes et nous en avions largement parlé lors de notre précédent entretien, en février 2015, au Bataclan. Un sujet qu’il a lui-même abordé dans nombre de ses albums dont son premier, « Maxinquaye », sorti en 1995, qui porte le nom de sa mère disparue lorsqu’il avait seulement quatre ans, ou encore l’avant-dernier, « Knowle West Boy », du nom de son quartier d’origine.

Mais aujourd’hui, le chiffre 13 vient annoncer une tout autre phase de sa vie. « C’est mon chiffre porte-bonheur ». Ce disque a été composé à Berlin, où Tricky vit depuis deux ans. « Une ville qui me fait du bien », explique-t-il. « Je ne sors pas pour y clubber ou fumer, mais pour marcher, regarder les gens faire du vélo, trouver une certaine paix. Parfois j’y passe des jours à errer sans parler à personne. Je passe la plupart de mon temps seul ». Et cela s’entend largement dans certains titres, notamment The Only Way , une douce ballade que l’artiste chante, pour une fois, en solo.

Même ambiance sur le très beau Running Wild, interprété par la jeune Mina Rose, une Londonienne. « Je l’ai entendue sur Soundcloud et elle m’a envoyé des essais par email », raconte Adrian Thaws (de son vrai nom), « j’ai tout de suite aimé ce que j’ai entendu et je lui ai répondu électroniquement avant de l’inviter en studio. Quand je travaille sur un morceau, ou quand j’écoute une nouvelle musique, je sais toute de suite ce que j’aime, je n’ai pas besoin de le retravailler des jours, ou de le ranger pour le tester plus tard, je sais tout de suite ». Une spontanéité et un ancrage dans le moment présent qui a sûrement permis au producteur / rappeur de durer dans une industrie en constante évolution. Aujourd’hui, c’est avec son propre label, False Idols, qu’il se distribue et produit de jeunes artistes.

L’album contient aussi des duos avec le jeune rappeur Scriptonite (sur le très inspiré Blood of my Blood notamment), un rap en russe de Smoky Mo (sur Bang Boogie) comme des featurings de ses fidèles chanteuses Francesca Delmonte (pour New Stole) et Martina Topley-Bird (pour le superbe When We Die, qui clôt l’album). Autre surprise : une reprise de Doll de Hole avec Avalon Lurks…

En résumé : un treizième album, en 22 ans de carrière, aussi hétéroclite que son producteur. « Je suis passé de la rue à des promos d’album complètement folles du jour au lendemain », se souvient Tricky, « au début cela me semblait normal, je devais suivre les règles, mais je n’ai jamais aimé les promotions… Aujourd’hui, je fais de la promo seulement et parce que j’ai mon propre label. Je fais ce que j’aime, c’est tout ».

« Ununiform » sort le 22 septembre en France et Tricky reviendra sur scène en Europe en novembre ou décembre, après une tournée aux Etats-Unis.

Chargée de relations extérieures
  • Publication 1 194 vues19 septembre 2017
  • Tags TrickyFalse Idols
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Tracklist

  1. Obia Intro
  2. Same As It Ever Was
  3. New Stole
  4. Wait For Signal
  5. It's Your Day
  6. Blood Of My Blood
  7. Dark Days
  8. The Only Way
  9. Armor
  10. Doll
  11. Bang Boogie
  12. Running Wild
  13. When We Die

La disco de Tricky

Ununiform9
90%

Ununiform

Skilled Mechanics9
90%

Skilled Mechanics

Mixed Race
0%
Vulnerable
0%

Vulnerable

Blowback
0%

Blowback

Juxtapose
0%
Nearly God
0%
Maxinquaye
0%