Subaquachaotik warriors e.p. 2000


Un album de sorti en chez .

Goo Goo Blown (le bonhomme), voilà un nom bien étrange pour un groupe qui ne l’est pas moins. Un coup d’oeil sur le line-up suffit à se rendre compte que Goo Goo Blown (le bonhomme) tient à se démarquer de la scène indie-rock et se donne les moyens de ses ambitions. Ce ne sont en […]

Goo Goo Blown (le bonhomme), voilà un nom bien étrange pour un groupe qui ne l’est pas moins. Un coup d’oeil sur le line-up suffit à se rendre compte que Goo Goo Blown (le bonhomme) tient à se démarquer de la scène indie-rock et se donne les moyens de ses ambitions. Ce ne sont en effet pas quatre ou cinq membres qui officient dans ce combo mais bien sept musiciens. En effet, au quatuor en charge des traditionnels chant – deux guitares – basse – batterie s’ajoute une section de cordes composée de deux violons et d’un violoncelle.

Le danger avec ce genre d’instruments plus ou moins hors-normes dans le milieu du rock est que leur intégration n’est pas toujours évidente, surtout lorsque la musique, comme c’est le cas sur ce EP, possède une bonne dose d’énergie.

Le premier titre, l’éponyme « Subaquachaotik warriors » balaye toute inquiétude. N’ayons pas peur des mots, ce morceau est un véritable tube, le genre de chansons que l’on ne se lasse pas d’écouter. La mélodie récurrente, d’abord jouée à la basse, est reprise par des cordes très puissantes, le tout faisant penser au célèbre « Kashmir » de Led Zeppelin).

Cette dimension tubesque se retrouve sur « Daisy Soup & Pork Breast (to nuzzle in Dunwich) », le morceau le plus énergique de l’album, sur lequel un break symphonique succède à des guitares franchement rock, un peu comme si Placebo copulait avec Venus. Cependant, ce morceau de 6 minutes est beaucoup plus alambiqué que « Subaquachaotik warriors » et présente des ambiances très différentes que l’on prend plaisir à découvrir au fur et à mesure des écoutes successives.

« Relationcheap » montre une facette plus calme. La basse est ronde à souhait, les guitares se font souvent caressantes, parfois plus lourdes et les qualités mélodiques de ces chansons confirment le talent de compositeurs de ces sept musiciens.

« My too-busy wife », grâce à ses mélodies sucrées et ses cordes romantiques (on pense à The Divine Comedy), montre de nouveau un groupe apaisé, avec toutefois quelques moments plus tendus.

Enfin « I’ve got my own private killing company for assisted suicides (Corporate And National Death Yard) », bonus track qui n’était pas présente sur la première version de ce EP, est un morceau d’une très grande intensité, véritable montagne russe aux climats très différents, alternance de tension et de sérénité, un peu comme si Radiohead se mettait au rock progressif.

Grâce à ses talents de songwriters et sa section de cordes qui apportent un plus indéniable, ce bonhomme s’est d’ores et déjà forgé une identité très forte. Nul doute que l’on reparlera de Goo Goo Blown lors de la sortie de leur premier véritable album prévu pour cette année et qui devrait montrer un changement notable, à savoir le passage des textes de l’anglais au français.

Chroniqueur