"> Sufjan Stevens - Greetings From Michigan: The Great Lakes State - Indiepoprock

Greetings From Michigan: The Great Lakes State


Un album de sorti en chez .

Cet homme s?est lancé dans un projet fou : illustrer musicalement chaque Etat des Etats-Unis par un album emprunt de l?atmosphère géographique, politique et sociale de l?Etat en question. Soit un total de cinquante albums si je ne me trompe pas (ça peut arriver) ! Projet d?autant plus fou au vu de la qualité de […]

Cet homme s?est lancé dans un projet fou : illustrer musicalement chaque Etat des Etats-Unis par un album emprunt de l?atmosphère géographique, politique et sociale de l?Etat en question. Soit un total de cinquante albums si je ne me trompe pas (ça peut arriver) ! Projet d?autant plus fou au vu de la qualité de cette première ?uvre « Michigan », son Etat d?origine, qui regroupe pas moins d?une vingtaine d?instruments dont il est le principal interprète.

Croyez-moi, rares sont les albums qui possèdent une entrée en matière aussi poignante. « Flint (For the Unemployed underpaid) » est une mise en bouche tout simplement remarquable : son piano délicat, son refrain touchant accompagné de cuivres désolés renforcés par la voix mélancolique et douce de Sufjan en font un titre qui frôle la perfection. Evidemment, après avoir placé la barre aussi haut dés le début, on pourrait craindre que Sufjan Stevens n?arrive à reproduire une telle candeur par la suite. Et bien non. L?emploi imaginatif de sa ribambelle d?instruments (cymbales, xylophone, piano, banjo, flûte en bois, tambourin, synthé, etc.) donne à chacune de ses compositions une identité particulière très riche et soignée. C?est ainsi qu?il rebondit admirablement par un deuxième titre rythmé jouissant d?une instrumentation variée qui n?est pas sans rappeler celle d?un certain Jim O?Rourke face auquel on pourrait comparer les talents de compositeur à juste titre. « Say Yes! to M!ch!gan! » ravit par son introduction pianotée tout en finesse, ses trompettes présentes une fois de plus et par un accompagnement vocal féminin discret mais assez charmeur. On s?étonne face à l?étrange « Tahquamenon Falls », morceau tout de xylophone vêtu me rappelant, je ne sais pas trop pourquoi, l?ambiance curieuse et fascinante d?une salle sombre de musée. Et je pourrais continuer longtemps comme ça à vous décrire les multiples aspects de cet album !

Sufjan Stevens est un architecte de la musique. Il construit des mélodies mélancoliques et raffinées à l?aide d?une pléiade d?instruments sans jamais se mélanger les pinceaux. Voici quinze titres captivant à la fois sobres et très complets, bravo à lui.

Chroniqueur